Mémorial National
des Victimes de l’Esclavage

Jardins du Trocadéro, Paris

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Programme : Réalisation du Mémorial National des Victimes de l’Esclavage dans les jardins du Trocadéro à Paris.

Localisation : Paris (75)
Maîtrise d’ouvrage : OPPIC
Equipe : Pollen paysage mandataire, Agence FNT architectes, Les crayons (scénographes), Atelier Hahusseau (graphistes), Mecobat (BE TCE), F. Franjou (éclairagiste), Rossila Goussanou (anthropologue), Fab sonic (Design sonore)
Surface : 7800 m2
Budget : 2 300 000 euros HT
Calendrier : rendu septembre 2024

crédit photos : Supervue, Pollen Paysage

Nous avons été sélectionnés pour répondre au dialogue compétitif de maitrise d’œuvre du Mémorial National des Victimes de l’Esclavage dans les jardins du Trocadéro à Paris.

Il a eu lieu en 3 phases au printemps et à l’été 2024. Le projet de mémorial porte les ambitions fortes et nécessaires d’une reconnaissance de l’Histoire de l’esclavage et d’une ‘réconciliation des mémoires’ autour de la réhabilitation de la dignité de ceux qui furent à la fois victimes et affranchis de la traite coloniale : commémorer les défunts, fédérer les vivants, transmettre les jalons historiques de la longue histoire de l’esclavage et de la formation de ses mémoires. Son inscription dans un des espaces historique (pavillon de l’exposition universelle), symbolique (espace passant, face à la Tour Eiffel, place des droits de l’Homme etc.) et vivant (au sens de “végétal” et paysager) de la capitale témoigne de cet engagement.

Ce contexte milite pour l’émergence d’un lieu universel, appropriable, pour que tout un chacun identifie et reconnaisse à travers les affranchis les droits fondamentaux républicains et alerte les consciences individuelles et collectives. Un espace qui se doit de susciter recueillement, empathie et médiation. La réponse nous semble être dans l’émergence d’un site vivant, pluriel, à l’opposé de l’inertie et de l’immobilité véhiculée par la plupart des mémoriaux déjà existants.

À travers la notion de jardin mémoriel, le projet choisit de s’appuyer sur le vivant pour fédérer et faire acte de partage. Il se construit ici non pas autour d’un lieu unique et nodal mais autour d’une pluralité de lieux et de dispositifs implantés dans des massifs, des bosquets, des clairières. Par la diffusion de la mémoire sur un large périmètre, le parcours mémoriel affirme une meilleure visibilité dans l’espace public, avec non pas un mais des lieux qui permettent à la fois l’accueil d’appropriations collectives et de l’autre des moments de recueillement, de silence, de solitude. Une connexion émotionnelle individuelle et des expressions commémoratives sensibles avec le végétal et le paysage comme toile de fond est ainsi favorisé pour approcher un symbole de vie et de constante renaissance, de cicatrice et de lien.